| Accompagnement aux devoirs au collège | Cours particulier payant | |
|---|---|---|
| Cadre | arrêté du 4 avril 2025 : pour tous les élèves de sixième, le chef d’établissement fixe l’organisation et le volume horaire | contrat privé entre la famille et un professeur ou un organisme |
| Coût pour la famille | gratuit | payant, avec crédit d’impôt de 50 % pour les cours rendus au domicile |
| Lieu et moment | dans le collège, sur des créneaux fixés par l’établissement | au domicile, en visio, ou chez le professeur, à l’horaire choisi |
| Effectif | en groupe, encadré par des personnels de l’établissement ou des intervenants | un élève, un professeur |
| Ce que cela traite | faire les devoirs du jour, dans de bonnes conditions, avec un adulte joignable | reprendre une notion ancienne, installer une méthode, préparer une échéance |
| Ce que cela ne traite pas | une lacune ancienne qui demande de revenir plusieurs années en arrière | l’organisation quotidienne du travail, qui reste à la maison |
Un enfant entre en sixième, les devoirs s’accumulent, et le parent hésite : faut-il inscrire tout de suite à des cours particuliers pour prendre les devants, ou attendre de voir comment se passe l’année ? La question se pose d’autant plus que le collège propose parfois, sans le dire clairement, un accompagnement aux devoirs sur place. Beaucoup de familles paient un cours du soir sans avoir vérifié ce que l’établissement organise déjà, gratuitement, dans ses murs.
Ce comparatif ne juge pas lequel des deux est le meilleur dans l’absolu, mais ce que chacun est capable de traiter : le travail du jour, fait dans de bonnes conditions, ou une lacune installée depuis plusieurs mois. Le tableau ci-dessus pose le cadre légal, le coût et le fonctionnement de chaque option. Le critère qui tranche n’est pas le prix ni la disponibilité, mais la nature du problème à résoudre pour cet élève précis, à ce moment de l’année.
Ce que dit le texte
L’arrêté du 4 avril 2025 modifie celui du 19 mai 2015 et généralise l’accompagnement aux devoirs à tous les élèves de sixième. Le texte confie l’organisation au chef d’établissement : c’est lui qui fixe les créneaux, désigne les personnels ou intervenants qui encadrent les séances, et décide de la place du dispositif dans l’emploi du temps. Ce cadre légal change la donne pour les parents qui pensaient devoir chercher une solution seuls dès l’entrée au collège. Avant d’envisager un cours payant, ce dispositif existe déjà, intégré à la scolarité, sans démarche particulière à engager.
Le volume horaire n’est pas le même partout : l’arrêté fixe le principe, mais chaque collège calcule le nombre d’heures selon ses moyens, ses locaux et le nombre d’intervenants disponibles. Un collège peut proposer une heure par semaine sur l’année, un autre concentrer les séances sur certaines périodes seulement. Cette variation n’est pas un défaut du texte, elle correspond à son objectif : laisser l’établissement organiser ce qui fonctionne pour ses élèves. Le geste concret pour le parent consiste à demander au professeur principal, dès la rentrée, quelle organisation a été retenue, sur quels jours, et comment y inscrire son enfant.
Ce que l’accompagnement au collège règle bien
Dans la salle dédiée, l’élève ouvre son cahier de textes, sort ses affaires et commence, sans la négociation qui traîne parfois jusqu’au dîner à la maison. Un exercice mal compris trouve une réponse immédiate, posée à l’adulte présent, plutôt qu’un blocage qui s’installe jusqu’au lendemain. Le cartable se prépare sur place, avec le bon classeur pour le bon cours, ce qui évite l’oubli découvert le matin même. Ce cadre traite ce qui relève de la méthode et de la régularité, pas des connaissances elles-mêmes.
- Le devoir du jour fait dans un cadre calme
- Une question posée tout de suite à un adulte
- Le cartable préparé avec le bon matériel
- La mise au travail déclenchée par la présence d’un groupe
Beaucoup d’élèves de sixième connaissent leurs leçons mais n’arrivent pas à s’y mettre seuls face à une chambre pleine de distractions. Au collège, la présence d’un adulte et d’autres élèves qui travaillent suffit à déclencher la mise au travail, sans qu’aucune notion ne pose problème. C’est le cas typique où l’accompagnement gratuit suffit largement : l’enfant sait faire, il lui manquait seulement un cadre pour s’y mettre. Payer un professeur particulier pour ce même enfant reviendrait à financer un cadre qui existe déjà au collège, gratuitement.
Quand cela ne suffit pas
Certains signaux ne trompent pas : l’élève bloque sur une notion vue l’année précédente, pas sur l’exercice du soir ; il évite systématiquement un chapitre entier de mathématiques ou de français ; ses résultats chutent sur un type d’exercice précis depuis plusieurs contrôles d’affilée. L’accompagnement aux devoirs, pensé pour le travail du jour, ne remonte pas jusque-là : personne n’a le temps, en groupe, de reprendre une notion de CM2 ou de cinquième avec un seul élève. Le problème n’est plus l’organisation, c’est un trou dans les bases.
Un cours particulier ciblé sur cette notion précise a un objectif clair et une fin prévisible : reprendre les fractions, retravailler la conjugaison d’un temps, préparer une évaluation annoncée. Il vaut mieux commencer par quelques séances sur ce point précis que s’engager sur un forfait mensuel dont l’objet reste flou. Un professeur qui ne sait pas dire quelle notion il va traiter, ni en combien de séances il compte la consolider, vend du temps plus qu’il ne résout un problème. Le forfait a du sens seulement une fois la lacune identifiée et le nombre de séances estimé.
Combiner les deux sans payer deux fois
Le scénario le plus efficace sépare les deux besoins au lieu de les confondre. L’élève va à l’accompagnement aux devoirs du collège pour le travail quotidien, dans le cadre gratuit prévu par l’établissement. En parallèle, quand un contrôle révèle une lacune précise, sur une notion de géométrie ou une règle de grammaire par exemple, quelques séances ciblées avec un professeur particulier suffisent à la combler, sans viser tout le programme. Entre les deux, des exercices corrigés gratuits ou le simple suivi du carnet de notes permettent de vérifier si la lacune est réellement résorbée avant de reprendre un cours payant.
Cette répartition évite le double paiement : personne ne paie pour faire à la maison ce que le collège organise déjà gratuitement dans ses murs. Le seul geste qui coûte doit se concentrer sur ce que l’accompagnement ne peut pas traiter en groupe, une notion précise, à un moment précis. Tant que l’organisation retenue par l’établissement n’a pas été demandée et essayée, ouvrir un cours particulier revient souvent à payer une place qui existe déjà, gratuite, à quelques mètres de la salle de classe.
L’erreur la plus fréquente : réserver des cours particuliers dès la première mauvaise note, sans avoir demandé au collège quelle organisation il a retenue pour l’accompagnement aux devoirs. La famille paie alors pour un cadre de travail quotidien qui existe déjà gratuitement, au lieu de garder ce budget pour une notion réellement bloquante.
Avant de payer, poser une question simple : la difficulté du jour concerne-t-elle le devoir en cours, ou une notion vue plusieurs mois plus tôt ? Dans le premier cas, l’accompagnement du collège suffit. Dans le second, cibler un cours particulier sur cette seule notion, avec un objectif et un nombre de séances définis à l’avance.
Tant que l’accompagnement gratuit du collège n’a pas été essayé et que son organisation n’a pas été demandée à l’établissement, payer des cours revient souvent à acheter ce qui existe déjà. Le cours particulier se justifie quand il traite une lacune précise que le devoir du jour ne touchera jamais.
Questions fréquentes
L’accompagnement aux devoirs est-il obligatoire pour l’élève ?
Non, pas pour l’élève. L’arrêté oblige le collège à organiser l’accompagnement aux devoirs pour tous les élèves de sixième, mais la participation reste au choix de la famille. Un enfant peut ne pas y aller si les devoirs se font bien à la maison. Le dispositif est une offre gratuite, pas une obligation individuelle à respecter.
Existe-t-il la même chose après la sixième ?
L’arrêté du 4 avril 2025 cible spécifiquement la classe de sixième. Pour les autres niveaux du collège, certains établissements maintiennent un accompagnement aux devoirs ou un dispositif proche, comme les devoirs faits, mais sans l’obligation d’organisation qui s’applique désormais en sixième. Il faut donc demander, niveau par niveau, ce que propose concrètement l’établissement de son enfant.
Mon enfant y va et ne progresse pas, faut-il arrêter ?
Pas forcément. L’accompagnement aux devoirs traite le travail du jour, pas les lacunes anciennes : si le cartable est prêt et les devoirs faits mais que les notes ne remontent pas sur une notion précise, le dispositif fait déjà son travail, ailleurs. Le complément à chercher est un cours ciblé sur cette notion, pas un remplacement de l’accompagnement gratuit.
Le cours particulier en visio ouvre-t-il droit au crédit d’impôt ?
En principe, non. Le crédit d’impôt de 50 % concerne les services rendus physiquement au domicile de la famille, dans le cadre des services à la personne. Un cours en visio, même donné par le même professeur, n’implique pas de déplacement à domicile et n’entre donc pas dans ce cadre. Seul le cours donné en présentiel, chez l’élève, ouvre ce droit.
Dernière mise à jour le 11/09/2026 Rédaction Pass Éducation




